Francine HOLLEY

 

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La sortie du catalogue « les carnets retrouvés »
Accompagnera l’exposition des œuvres de Francine Holley 1950-1960
Dans la Galerie marie-robin.
Pour le vernissage le 28 mai de 17H à 20H

et le jeudi Arty du 4 juin de 17H à 22h
L’artiste sera présente à l’occasion de la dédicace de son catalogue « Les carnets retrouvés »

Figure emblématique de l’abstraction belge des années cinquante Francine Holley a participé en 2014 à l’exposition Abstractions Géométriques Belges au Musée des Beaux Arts de Mons.
L’artiste belge, née à Liège en 1919, a fréquenté les ateliers d’André Lhote, Fernand Léger, Jean Dewasne et Edgar Pillet à son arrivée à Paris où elle vit depuis. C’est en 1950 que Francine Holley entre totalement dans l’art abstrait.
Elle participe au Salon des Réalités Nouvelle dès 1952 et fait partie du groupe Art Abstrait Belge et expose à Bruxelles, Aix la Chapelle, Milan. Ses œuvres sont exposées dans différents musées et collections publiques en Belgique et en France. Elle publie une série de sérigraphies dans les cahiers d’art abstrait entre 1953 et 1956 à Bruxelles avec le Groupe Art Abstrait, formes et signes sur fond monochrome.
A partir des années 1964, elle réalise une série de bois découpés et de sculptures monumentales. Pianiste, Premier Prix de l’Ecole Libre de Musique de Liège en1938, la musique tient un rôle primordial dans sa vie et dés les années 1986 elle s’inspire des signes de l’écriture musicale.

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Comme une musique qui s’écouterait avec les yeux.
Dans son abécédaire, Gilles Deleuze définit ainsi sa perception du style : « c’est pousser un langage à un paroxysme, une sorte de limite. Le bord qui le sépare de la musique. » Si elle s’applique plutôt au champ littéraire, cette définition s’accorde bien à l’œuvre de Francine Holley Trasenster et à ces « carnets retrouvés » tant l’empreinte de la musique s’y fait sentir.
Au fil des pages, on découvre la fraicheur de ces études. Des idées, des concepts qui à la différence des tableaux achevés, accrochés gardent encore intacte cette vibration mouvante, cette vie. Comme si le dessin voulait toujours s’échapper de son cadre.
Deux thèmes sont marquants dans ces recherches formelles : L’espace et le trait.
L’espace avec ce qui peut sembler un paysage intérieur, musical toujours et dont le graphisme rappelle les partitions contemporaines de Stockhausen, Cage, Xenakis ou plus encore Penderecki. Proche aussi de ces plans utilisés par l’Art Ensemble of Chicago pour canaliser les solos free jazz. Les compositions de l’artiste jouent ainsi des masses chromatiques comme si elles étaient sonores, orchestrales. Froides ou chaudes, les couleurs précisent le rythme, les pauses, les variations d’intensité, moderato, fortissimo… Elles architecturent autour d’une portée, une notation énigmatique. De ce mystère qui à l’instar d’un Paul Klee fait la profondeur et la valeur des œuvres.Le trait ensuite dont l’énergie évoque des écritures anciennes et lointaines, des calligraphies exotiques, des Kanjis orientaux. Des encres travaillées, parfois malmenées, blason ou tags avant l’heure et qui génère ce langage plastique si particulier, unique.
Enfin, ces carnets retrouvés sont ceux de retrouvailles. Retrouvailles de deux vies, deux pays, deux passions artistiques courant sur un presque siècle : Francine Holley, la Française d’adoption, la peintre, acteur majeur de l’abstraction dans un Paris d’effervescence créative. Francine Trasenster, la jeune pianiste de Liège, primée, prometteuse, fervente de Bach dans cette Belgique dont elle revendique toujours, son attachement indéfectible.
Philippe Coll de Vives Paris,                                                                         1er Mai 2015

 

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